Chapitre 4, bravo Mathilde !

Blois_Loire_Panorama_-_July_2011

Nous sommes à l’été 1390. Cela fait presque un an que je vis à l’abbaye d’Evron. Je n’en peux plus de toutes ces prières, tous ces chants et toute cette rigueur qui m’entoure toute la journée. Je ne supporte plus cette vie religieuse. Heureusement, il y a quelques mois, au cours d’une corvée culinaire, j’ai fait plus ample connaissance avec Eudes, un autre novice. Tout comme moi, cette vie monastique l’exaspère. Il me fait vraiment penser à Louis par son côté enjoué – ce qui lui vaut parfois des remontrances de la part de frère Philibert.

La mélancolie me gagne petit à petit, mais la nuit dernière, alors que tout le monde dormait, Eudes m’a fait part d’une merveilleuse idée.

« Ecoute Robin, j’ai bien réfléchi et je pense que je ne pourrai pas passer toute ma vie enfermé dans cet endroit et j’ai l’impression que c’est pareil pour toi. Oui tu as raison. Mais que pouvons nous y faire ?

– Est-ce que tu me fais confiance

– Oui, bien sûr, tu es mon seul ami ici.

– Très bien, alors écoute-moi. J’ai décidé de m’échapper et si tu veux, tu peux m’accompagner.

– Oh oui, rien ne me plairait plus que de partir d’ici. Mais quel est ton plan ?

– Voilà j’y ai réfléchi pendant de longues heures et je crois avoir trouvé la solution. Tu sais que les moines de l’abbaye fabriquent du cidre à partir des pommes du verger et qu’ils l’entreposent dans des tonneaux. Je propose que l’on se cache à l’intérieur de deux d’entre eux. Quand le propriétaire de la carriole viendra après-demain les chercher pour les vendre sur le marché, nous sortirons des tonneaux et nous disparaîtrons.

– Mais comment faire pour qu’ils ne s’aperçoivent pas de notre évasion ?

– J’ai une idée. Je simulerai un mal de ventre et tu proposeras de m’accompagner aux latrines. Nous en profiterons alors pour nous glisser dans les tonneaux. Le meilleur moment pour mettre notre plan à exécution sera la messe de none car c’est toujours à ce moment que le chargement a lieu.

– C’est formidable, tu as vraiment pensé à tout.

– Alors, tu es partant ?

– Oui, mon ami. Je ferai tout pour sortir de cette prison. »

Nous avons mis notre plan à exécution et contre toute attente il a fonctionné.

Eudes étant originaire de Blois, nous avons décidé de nous y rendre. Sa sœur y réside avec son mari et ses trois enfants. Il m’a raconté qu’elle n’était pas d’accord avec la décision de son oncle de l’avoir envoyé à Evron. Elle sera donc ravie de nous accueillir.

C’est notre jour de chance ! Il semble que Dieu ne nous en veuille pas de notre évasion. Au loin, nous apercevons un grand cortège. Après s’être renseignés auprès de paysans, nous apprenons que c’est celui de la comtesse Catherine de Vendôme. Vendôme, c’est justement par là que nous devons passer pour nous rendre à Blois. Une fois arrivés à notre hauteur, nous demandons aux serviteurs de la comtesse si nous pouvons les accompagner jusqu’à Vendôme et en échange nous leur offrons nos services. Ils acceptent et Eudes et moi-même les suivons.

Le voyage dure une semaine et se déroule sans problèmes. Nous quittons les serviteurs et les remercions. Il nous reste une trentaine de lieues à parcourir pour arriver à Blois. Nous décidons de marcher mais je m’inquiète de savoir où nous allons dormir, je questionne donc mon ami Eudes.

« Mais Eudes, où allons-nous passer la nuit ?

– Ne t’en fais pas, nous trouverons une grange pour nous reposer.

– Et que mangerons-nous ?

– Nous volerons des choses sur les marchés que nous trouverons sur notre route. »

L’idée ne me plaît pas beaucoup mais nous n’avons pas vraiment le choix.

A la tombée de la nuit, nous nous arrêtons dans une grange. Le lendemain matin, nous sommes réveillés par le chant d’un coq. Nous apprenons en chemin que non loin de là a lieu un grand marché. Nous nous y rendons et chapardons quelques victuailles. Malheureusement, un des marchands nous aperçoit.

« Espèces de chenapans, si je vous attrape vous allez voir la correction que vous allez recevoir ! »

Nous prenons nos jambes à notre cou et nous nous échappons.

Le reste du voyage se passe bien et nous arrivons en fin de journée à Blois chez la sœur de Eudes étonnée mais ravie de nous accueillir. Le lendemain, pour ne pas être à sa charge nous décidons de chercher du travail sur un chantier à Blois.

Publicités

3 réflexions sur “Chapitre 4, bravo Mathilde !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s